Le mouvement
L’expressionnisme abstrait apparaît dans les années 1940-1950. Il place New York au centre du monde artistique international.
Les artistes cherchent moins à représenter le réel qu’à exprimer une énergie, une émotion, une tension intérieure ou un rapport physique à la peinture.
Quelques caractéristiques
- grands formats
- importance du geste
- abstraction
- place forte de la matière et de la couleur
- dimension expressive et souvent intense
Roland Barthes et Cy Twombly
Pour Roland Barthes, l’expressionnisme abstrait, et plus particulièrement le travail de Cy Twombly qu’il a analysé en profondeur, ne se limite pas à une simple projection d’émotions. Il le perçoit plutôt comme une écriture du geste et comme une valorisation de la matérialité.
Les points clés de l’approche de Barthes
La matérialité et le geste : Barthes insiste sur la matière-peinture, qu’il considère comme une sorte de matière première, presque alchimique. L’œuvre n’est pas seulement une représentation : elle devient un espace dans lequel se déploie le geste physique du peintre, visible à travers la trace laissée sur la surface.
L’écriture sans sens : Chez Twombly, Barthes remarque des traces, des griffures et des signes qui rappellent l’écriture sans pour autant transmettre un sens littéral. Il s’agit d’une écriture libérée de sa fonction habituelle de signifier. Ce qui compte, ce n’est pas le message, mais le mouvement, le rythme et la présence de la trace.
Le dépaysement : Cette peinture déplace l’écriture hors de son usage ordinaire. Elle la sort du langage courant pour en faire une expérience plastique, sensible et intellectuelle. L’écriture n’est plus là pour expliquer, mais pour exister comme forme visuelle.
En somme, Barthes ne voit pas l’expressionnisme abstrait comme une explosion chaotique ou une peinture purement émotionnelle. Il y lit plutôt une réflexion sur le geste, la trace et la matière, où la peinture devient un langage en elle-même.